jeudi 27 avril 2017

Un rendez-vous autour de Pierre Michon le samedi 13 mai 2017



Notre prochain « Rendez-Vous au Café » sera d’un genre nouveau. Il aura lieu le samedi 13 mai à 18h30 à La Renommée à Saint-Père.

Nous ne vous présenterons pas un auteur ou un éditeur comme à l’accoutumée.

Nous vous présenterons une œuvre très belle et très originale et en particulier un élément de cette œuvre, un petit livre magnifique, Les Onze, de celui qui est parmi les plus grands écrivains de langue française vivant, Pierre Michon.

Il est né en 1945 et vit dans la Creuse, dont il sort rarement aujourd’hui. Il a fait des études de lettres à Clermond-Ferrand, du théâtre et ne rentre dans la vie littéraire qu’à 39 ans avec la publication d’un de ses livres marquants : Les vies minuscules . Lui succèdent  Rimbaud le filsLa Grande Beune, Abbés… En 2009, il publie Les Onze qui lui vaut le Grand prix du roman de l’Académie Française.

Une intéressante page wikipedia livre une analyse de son œuvre. Des interviews sont visibles sur You Tube.

Il n’est pas connu du grand public, il ne vit pas à Paris, ne s’exprime guère dans les médias ; mais pour la plupart des amoureux de la littérature contemporaine, il figure parmi « les grands ».

Nous n’avons pas essayé de l’inviter, il vit dans la Creuse, un peu en ermite… Nous avons fait le choix de demander à deux bons connaisseurs de son écriture, deux universitaires bien connus dans notre région, d’en parler librement et simplement : Jean-Louis Tissier et Henri Mitterand. Le premier nous situera l’œuvre et le second nous parlera plus particulièrement du livre Les Onze . Notre amie comédienne Sara Saragoni en lira quelques pages.

D’autres intervenants amis participeront au débat, toujours convivial, chaleureux et ouvert à tous.

 

 

 

lundi 27 mars 2017

notre invitée du 8 avril aux Glycines: Sophie Caillat


La prochaine invitée de notre Rendez-Vous au café est une jeune éditrice de 39 ans, Sophie Caillat aussi dynamique que déterminée et chaleureuse. Elle  a acheté, il y a quelques temps, une maison à Clamecy. On la voit donc souvent dans notre région s’intéresser à toutes les activités culturelles.

Nous sommes ravis de l’entendre raconter sa belle aventure entreprenariale, menée avec une amie aussi souriante qu’elle, Amélie Petit.

Sophie, après quinze ans de journalisme dans la presse écrite (santé, environnement) et Amélie, après quinze ans dans l’édition, décident en 2014 de lancer ensemble " Premier Parallèle", une maison d’édition qui aspire à publier des livres d’actualités, documents, essais, témoignages, récits, enquêtes, sur les enjeux actuels, livres destinés à rester des livres de fond.

Leur pragmatisme les conduit à démarrer immédiatement avec des éditions numériques pour se constituer un catalogue et une clientèle susceptible d’inspirer confiance à un diffuseur.

Les deux jeunes femmes savent parfaitement maîtriser la chaine de la fabrication d’un livre numérique, ce qui leur donne une parfaite autonomie. Elles commencent néanmoins à faire imprimer à 300 ex. quelques titres, trois en 2015, qu’elles expédient elles-mêmes par la poste aux libraires qui s’intéressent à leurs productions.

En 2015, elles contactent de grands diffuseurs et sont mieux distribuées. Elles sortent aujourd’hui à 3000 ex. leurs derniers titres, comme « Bienvenue dans le nouveau monde » de Mathilde Ramadier, sur l’univers des start-up, déjà en réédition!
 Au total, elles publient peu (quinze livres au total dans le catalogue), entre huit et dix par an et tentent de penser chaque ouvrage dans sa singularité.

Parmi la production récente, on peut citer deux livres du psychanalyste Gérard Haddad, qui ont connu un large succès, Dans la main droite de Dieu et le Complexe de Caïn.



Leur prochaine étape va sans doute coïncider avec notre rencontre au café. Elle devrait les faire mieux connaître encore avec la publication de « L’âge de la régression », écrit par quinze intellectuels de divers pays (Bruno Latour pour la France) édité en partenariat avec treize éditeurs internationaux.

 

 



jeudi 23 mars 2017

Grandeurs et misère des littérateurs (Le Monde 23 mars 2017)

Ouverture le 24 mars du Salon du livre, grande messe médiatique, exposition de stars des lettres et manifestation qui oscille entre la culture et le commerce...Mais c'est l'occasion pour les journaux de publier des chiffres intéressants.


Dans le Monde daté du 23 mars par exemple, on apprend que dans le palmarès des "littérateurs" les mieux payés de France en 2016, publié par Capital, seuls 3 d'entre eux - sur 100.000 inscrits à l'Association pour la gestion de la Sécurité sociale des auteurs (Agesa), dépassent le cap du million d'euros de droits d'auteur: Guillaume Musso, Marc Levy et Michel Bussi, un auteur de polars. On comprend que le quotidien ait choisi ce terme de littérateurs plutôt que d'écrivains!


D'après le président du CNL, "avec trois fois plus de livres qu'il y a vingt ans et la même manne de droits d'auteur, on arrive à un système où l'on compte une quinzaine d'écrivains riches, 150 à 200 qui vivent de manière décente et après, c'est le marais."




90% perçoivent en effet des droits inférieurs au smic. Ils ne gagnent en moyenne qu'un euro par livre vendu, ils sont les plus mal payés de la chaine du livre, autour de 8% de son prix. Ce qui explique que les deux tiers exercent une autre activité professionnelle.




Peu d'écrivains vivent donc de leur plume, ce qui n'est pas nouveau et ce qui est peut-être une bonne chose, quoiqu'on dise. Les meilleurs d'entre eux, dans le passé tout au moins, exerçaient un autre métier, professeurs, journalistes, fonctionnaires.... Rester indépendant des goûts des éditeurs et du public, garder un contact avec le réel, partager la vie de tous, semblent souhaitable.




Ce qui reste regrettable, c'est la paupérisation de la profession, due à la surproduction d'ouvrages (plus de 25% entre 2007 et2014, pas toujours intéressants hélas!),  à des tirages de plus en plus faibles et au goût extrême de la nouveauté qui ne fait tenir un livre en présentoir que quelques semaines. Comme les films d'ailleurs...


Mais pas trop de pessimisme: la France est un pays où l'on lit encore, où la consécration d'un homme politique passe par l'écriture et le mépris qu'on en a s'explique souvent par leur manque de culture!